S’alimenter : régime flexitarien


Réflexion


Rien qu’à la lecture du titre, j’en vois déjà certains pâlir devant le mot régime. Pas de panique ! Le sens de ce mot dans cet article ne sera pas « modifier ses habitudes alimentaires dans le but de maigrir » mais « mode d’alimentation » : vous pouvez continuer votre lecture sans risques 🙂

Ceci étant dit, je vais donc parler du flexitarisme par rapport à mon expérience personnelle.

En fait, je pratiquais déjà le flexitarisme depuis quelques mois, sans le savoir : c’est en tombant par hasard sur cet article de wwf.fr que j’ai finalement mis un nom sur mon régime alimentaire…mais avant d’entrer dans les détails, commençons par un bref historique qui m’a amené vers ce régime.

Depuis toujours, j’ai vécu dans une habitude alimentaire qui consistait à manger de la viande à chaque repas (enfin, midi et soir 😉 ) : viande blanche, viande rouge, poulet, bœuf, cheval, lapin, à la maison, chez les amis, au restaurant…il y en avait toujours dans mon assiette…et c’était bon !!! J’ai gardé cette habitude longtemps, jusqu’à il y a encore quelques mois de cela…pour au final remettre doucement en question ce mode d’alimentation.

La viande à tous les repas : une habitude encore bien présente dans nos assiettes.

D’une part, c’est lors de ma prise d’indépendance que j’ai pris conscience du « luxe » de se payer un morceau de viande à chaque repas : forcément, en tant qu’étudiant, chaque dépense pèse…j’ai  donc commencé à modifier légèrement mes achats, en privilégiant plutôt la viande blanche (moins chère) ou des dérivés transformés (cordons bleus…). D’autre part, j’ai commencé à me poser la question « pourquoi ? » concernant de plus en plus de sujets…notamment sur le « pourquoi manger de la viande chaque jour ? ».

De fil en aiguille, ce n’est finalement que depuis quelques mois que j’ai réellement changé mes habitudes en termes de consommation de viande, pour mettre tout récemment un mot sur ce régime : le flexitarisme. Voyons tout de suite de quoi il en retourne 😉


Présentation


Même si je ne suis pas fan de cette obsession à tout nommer et ranger dans des cases, il n’empêche qu’il fallait bien donner un nom à ce régime : le flexitarisme. Dans l’éternelle recherche du bien manger, on nous répète depuis quelques années de manger moins gras, moins salé, moins sucré. Pour aller plus loin, certains régimes sont même devenus identitaires, voire surfent sur un effet de mode : je pense par exemple au régime végétarien (aucune chair animale), végétalien (rien qui ne provienne d’un animal) ou encore vegan (alimentation végétalienne tout en refusant l’utilisation des animaux au service de l’homme). Sans entrer dans des débats dont ce n’est pas le sujet ici, j’ai la sensation qu’il est de plus en plus légion de nos jours à s’identifier le plus radicalement possible dans une catégorie (de toute nature qu’il soit). Personnellement, ce n’est pas ce que je recherche : le régime flexitariste est donc le parfait compromis pour moi !

En fait, on pourrait définir le régime flexitarien de la sorte : végétarien 80% du temps, omnivore pour le reste. L’article sur le flexitarisme de bjorg.fr résume ce régime comme « une recherche de la diversification alimentaire en consommant de la viande mais pas à tous les repas, ni même tous les jours : s’alimenter sans se priver en tirant le bénéfice des bienfaits de chaque catégorie d’aliments« , c’est ça l’idée ! Finalement, ce n’est ni plus ni moins qu’une application de la règle « jamais d’excès » et « alimentation variée et équilibrée » : du bon sens en soi, sans jamais se priver de la notion de plaisir 🙂

flexitarisme
Régime flexitariste : réduire sa consommation de viande…tout en se faisant plaisir !

Mais finalement, quels sont les réels bienfaits de ce genre de régime ? Outre mes motivations originelles, plusieurs bénéfices peuvent en être tirés, comme le soulignent les deux articles précédemment cités de wwf.fr et bjorg.fr :

  •  Santé

L’excès de viande entraîne des problèmes d’obésité, de cholestérol, de maladies cardio-vasculaires… A l’inverse, les végétaux regorgent de bienfaits nutritionnels : protéines, eau, minéraux, vitamines, acides gras essentiels, fibres…

  • Porte-monnaie

C’était l’un de mes éléments déclencheurs ; manger d’autres sources de protéines animales (comme les œufs par exemple), et plus de protéines végétales (issues des légumineuses, des céréales, des légumes frais, ou du soja) permet de faire des économies ! Je rajouterais même que lorsqu’il est possible de jouir d’un potager, c’est une source illimitée, saine et gratuite qui s’offre à portée de main !

  • Famille

Le flexitarisme est un mode d’alimentation qui convient à tous, permettant notamment aux plus jeunes de découvrir la diversité alimentaire et aux plus grands de redécouvrir des saveurs oubliées (lentilles corail, quinoa, millet, épeautre, kamut, sarrasin…)

  • Environnement

L’élevage est responsable de 18% des gaz à effet de serre, de 70% de la déforestation, et de 70% des prélèvements mondiaux en eau. 85% des espèces de poissons sont d’ailleurs soit épuisées, surexploitées ou proche de l’être. En termes de surface, un hectare de terre peut produite sur une année 18 tonnes de légumes, 15 tonnes de pommes de terre ou 12 tonnes de fruits…contre seulement 400 à 500 kg de viande blanche, de lait ou d’œufs et pas plus de 33 kg de viande rouge. Pour donner une idée, il ne faut qu’une tonne d’eau pour faire pousser 1kg de céréales…contre presque 16 tonnes d’eau pour produire 1kg de bœuf ! Pour finir, qui dit moins de viande, dit moins de déchets (restes, os) à jeter à la poubelle. Et pour les restes de légumes et déchets de cuisine, ce sera direction le compost (si possible) ! C’est mieux que d’entasser les sacs plastiques en décharge non 😉 ?

  • Ethique

Être flexitarien permet de choisir la viande que l’on consomme avec plus de discernement. En en mangeant moins souvent, on peut privilégier des viandes certes un peu plus chères, mais de meilleure qualité, et produites par des producteurs engagés : manger moins, manger mieux !

Alors tout ces atouts, c’est bien beau, mais comment mettre se régime en pratique ? Voyons ça tout de suite !


Dans les faits


Globalement, dans une optique de régime flexitariste, le panier de courses devrait se transformer de la sorte :

  • Moins de viande
  • Moins de poisson sauvage
  • Moins de boissons sucrées
  • Moins de produits transformés gras, salés, sucrés
  • Plus de fruits
  • Plus de légumes
  • Plus de légumineuses
  • Plus de céréales et farines complètes
  • Privilégier les produits labellisés

En suivant ces grands principes, le bilan carbone de la production des aliments est presque 2 fois meilleur, les bienfaits sur la santé sont bien entendu très supérieurs et le tout pour un prix inférieur ! La difficulté est de casser ses habitudes afin de rentrer dans une optique différente de notre alimentation.

panier_flexitarien_wwf
Le panier flexitarien selon WWF

Dans le détail de notre assiette, ce qui se retrouvera devant nous à table devrait ressembler à peu près à cela :

  • La viande

Elle peut être consommée occasionnellement mais en privilégiant la viande blanche et en intégrant également du poisson ou des œufs dans son alimentation pour leurs protéines de bonne qualité.

  • Les fruits et les légumes

A chaque repas, de préférence de saison et cultivés localement. On les prépare soi-même tout comme le reste du repas (vinaigrettes, desserts, pâtes à tarte etc…), le plus souvent avec des produits frais.

  • Les céréales et les légumineuses

A associer durant un même repas pour proposer une véritable alternative aux protéines animales afin d’équilibrer les apports en acides aminés essentielsPenser par exemple au riz, boulgour, millet, quinoa, petits pois, lentilles, haricots verts, haricots rouges, fèves…

  • Les produits de base sont non raffinés

Remplacer le sucre blanc par du miel, de la stévia ou du sirop d’agave (ou ne plus en surconsommer 🙂 le seul sucre présent naturellement dans les fruits étant suffisant). Remplacer également la farine blanche par de la farine de blé, de maïs, de seigle, d’orge ou de la fécule. Le pain blanc sera également à remplacer par du plain aux céréales complètes ou du pain au levain par exemple.

  • Se faire plaisir !

Le régime flexitariste n’étant pas un régime strict d’amaigrissement, tout plaisir est possible ! Veiller toujours à qu’il soit dans la limite du raisonnable et de l’excès 😉 mais rien n’empêche une sucrerie ou une « surdose » de viande de temps en temps 😀


Conclusion


Le flexitarisme : derrière ce terme « marketo-sectaire » se cache finalement ce que j’appellerai un régime de bon sens, le régime normal à suivre pour tout être humain. Point d’excès, point d’extrêmes, tout se fait dans la bonne intelligence de nos besoins et des ressources disponibles dans la nature. Malheureusement aujourd’hui, dans la société de consommation dans laquelle nous vivons, il faut en arriver à ce genre de « découverte » pour intéresser et se poser les bonnes questions.

Pour autant, je tenais à écrire cet article pour donner des idées, apporter mon expérience personnelle et pourquoi pas susciter des questions et propositions sur le « manger mieux« .

En tout cas, personnellement, réduire ma consommation de viande n’est que positif, comme le présentent les avantages traités précédemment. Au delà du simple fait de manger moins de viande, c’est aussi l’ensemble de notre alimentation qui est à revoir : limiter le sucre, le sel, les produits transformés, les produits gras…c’est un ensemble.

Alors oui, ce n’est pas forcément évident, et finalement la démarche pourrait se rapprocher un peu d’un régime dit d’amaigrissement, mais pour moi ce n’est que le bénéfice logique : car en mangeant mieux, on se fait plaisir…et aussi simplement que naturellement, notre corps se régule automatiquement !

En espérant que cet article sur le flexitarisme vous aura plu et vous donnera peut être des idées 😉 en tout cas je suis preneur de toute information ou même recette pour se régaler 😀

A bientôt sur Vivons Nature 😉

Damien.

 

 

 

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